
Un discours pour mettre en lumière l’endométriose
Un discours fort et engagé à l’occasion du Gala SFENDO « Endométriose, brisons le silence », 2026

Je voudrais commencer par exprimer ma profonde gratitude.
Merci à Sarah Bekkens, la Présidente de SFENDO. Merci à Marie-Rose Galès, et merci à toutes les personnes qui ont contribué à rendre cette soirée possible. Votre engagement, votre sensibilité et votre détermination ouvrent des portes que beaucoup de femmes attendaient depuis longtemps.
Sarah et moi, nous nous sommes rencontrées en 2023.
Tout est parti d’un simple appel à témoignage qu’elle avait lancé sur Instagram. J’y ai répondu, sans imaginer qu’une amitié allait naître. Nous avons parlé, longuement, profondément, et j’ai pu lui présenter l’association EndoCongo.
De cette rencontre est né un partenariat qui m’a offert une vitrine, un espace pour mettre en lumière notre association, pour donner de la visibilité à un combat souvent ignoré.
Et l’aventure ne s’est pas arrêtée là. Nous nous sommes retrouvées à Paris, partageant la même chambre, pour soutenir le gala de l’association Ebony Magic Girl.
Et ce soir, nous sommes encore ensemble, pour un projet qu’elle m’avait confié il y a plusieurs mois, un rêve qui prend enfin vie.
Mais ce soir, si je prends la parole, je ne viens pas seule. Je représente les femmes congolaises. Je représente les femmes africaines. Je représente toutes celles qui souffrent en silence, toutes celles qui n’ont pas encore accès à un diagnostic, à un traitement, à une écoute digne.
Je porte la voix des femmes d’EndoCongo. Je porte la voix des oubliées. La voix des sans‑voix. La voix de ces femmes étrangères à qui l’on refuse encore le droit de se soigner correctement, parce qu’un médecin non spécialiste décide, seul, si leur douleur mérite d’être prise en charge.
Je porte la voix de celles qui vivent l’errance médicale, les tâtonnements, les traitements inadaptés, les douleurs extrêmes qui les mènent parfois aux portes de la dépression. Je porte la voix de celles qui n’ont plus de mots. Celles qui sont épuisées. Celles qui n’ont plus la force d’expliquer leur souffrance, parce qu’on ne les croit pas, parce qu’on les juge, parce qu’on les renvoie chez elles avec un simple antidouleur.
Je porte la voix de celles à qui l’on propose trop vite l’hystérectomie, comme si retirer l’utérus était une solution miracle. Alors que nous savons que l’endométriose ne disparaît pas avec l’utérus. Notre utérus n’est pas un organe qu’on retire par facilité.
Je porte la voix de celles qu’on a traitées de folles, de paresseuses, de menteuses. Alors qu’elles avaient réellement mal. Et que tout ce qu’elles demandaient, c’était d’être crues.
Je porte la voix de celles qui espèrent encore : que la sensibilisation continue, que la recherche s’accélère, que les soignante•es cessent de quantifier la douleur sur une échelle de 1 à 10, que l’on comprenne enfin que la douleur ne se mesure pas … elle se reconnaît.
La réalité au Congo
Au Congo, l’endométriose est aujourd’hui la deuxième cause d’évacuation sanitaire.
Pourquoi ?
Parce qu’il n’existe aucun centre spécialisé, aucun lieu adapté pour diagnostiquer, traiter, accompagner les femmes atteintes.
Les femmes doivent quitter leur pays, leur famille, leurs repères … Elles doivent s’endetter, s’exiler, supplier pour accéder à des soins qui devraient être un droit fondamental.
C’est pour cela que l’objectif d’EndoCongo est clair : créer le premier centre spécialisé de prise en charge de l’endométriose au Congo.
Aujourd’hui, j’en appelle à vous, à votre expertise, à vos compétences, à vos réseaux, à votre capacité à ouvrir des portes, à imaginer des solutions, à soutenir un projet qui peut changer des vies.
Mon engagement
Je continuerai ce combat jusqu’au bout.
Tant qu’il y aura des femmes, tant qu’il y aura des naissances, tant qu’il y aura des vies à protéger, ce combat existera.
Et je vous demande de soutenir ces femmes par la solidarité morale, par un soutien financier, en leur offrant un cadre où guérir, se soigner, s’épanouir et retrouver leur dignité.
Je ne suis qu’une voix parmi tant d’autres.
Mais aujourd’hui, je parle pour toutes celles qui n’ont plus la force de de parler.
Merci.
Un discours écrit par Yacith Moufouma pour le Gala SFENDO « Endométriose, brisons le silence », le 28 mars 2026.
Sororifemme-Endométriose
Fondée en 2023, l’association SFENDO se bat pour une société inclusive et bienveillante, pour une médecine bientraitante et respecteuse de tous•tes, contre les VOG et VSS médicales.
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